
BRIGITTEGATE
LA RECONNAISSANCE FACIALE
Si la Chine peut différencier 1.5 milliard de Chinois au moyen d’un logiciel, celui-ci ne pourrait-il pas reconnaître Brigitte Macron?

Très tôt, Pressibus a commencé à comparer des images à l’aide du logiciel de reconnaissance faciale Betaface.
Plus tard, Xavier Poussard a acheté à Megvii le logiciel Face++ pour ses comparaisons, l’un des meilleurs existant sur le marché à ce moment-là, et utilisé par le gouvernement chinois.
Même si les résultats des comparaisons identiques diffèrent entre ces deux logiciels, il est possible de tirer des conclusions claires, notamment en ce qui concerne les comparaisons avec Face++. Toutefois, ces comparaisons ne sont pas des baguettes magiques qui dans un seul instant peuvent révéler toute la vérité, et, pour comprendre leur valeur, nous devons garder à l’esprit les éléments suivants :
- la reconnaissance faciale fonctionne sur la base des distances entre les traits du visage, principalement la structure osseuse, car il faut soit une grosse opération de chirurgie esthétique, soit un grave accident pour la modifier ;
- les comparaisons dépendent de la qualité de la photo : la meilleure façon d’utiliser un logiciel de reconnaissance faciale est que le sujet regarde droit dans l’appareil photo, comme c’est le cas pour les photos d’identité ;
- cela signifie que plus une personne est vue de profil, moins la photo sera utilisable pour la reconnaissance faciale ;
- cela signifie également que les lunettes rendent une photo quasiment inutilisable : les lunettes couvrent une grande partie du visage, en particulier le contour des joues, les sourcils, les yeux et la base du nez, qui sont des points cruciaux pour une bonne comparaison ;
- les comparaisons entre adultes donnent les meilleurs résultats, pour des raisons évidentes : le crâne est entièrement formé et ne changera plus ;
- les résultats ne constituent pas une preuve concluante, mais donnent une indication claire, et plutôt dans le sens négatif : il est en effet plus facile de montrer, d’après une photographie, que le sujet n’est pas la personne apparaissant sur une autre photo que le fait qu’il/elle est cette personne ;
- on sait que Brigitte Macron a été opérée par un chirurgien spécialisé dans la « féminisation du visage », ce qui pourrait avoir modifié une partie de son ossature faciale.
Les résultats obtenus par Betaface sont moins fiables que ceux de
Face++.
Xavier Poussard considère comme concluants les résultats suivants :
- Brigitte Macron n’est pas la Brigitte Trogneux des photos de la communiante et du mariage de 1974
- le « Petit Gros » n’est pas le Jean-Michel Trogneux de la photo de famille et des photos scolaires
Pressibus a soulevé une question pertinente à props de l’allégation de Xavier Poussard que Face++ ne serait pas capable de reconnaître des gens portant des lunettes, tandis qu’il permettrait au gouvernement chinois d’identifier individuellement presque un milliard et demi de Chinois. Si ce logiciel est utilisé pour savoir qui apparaît dans les images des caméras publiques de vidéo-surveillance des rues, alors, il est évident que les lunettes doivent avoir une faible incidence sur la reconnaissance. Des quantités de Chinois portent des lunettes, ne sont-ils alors pas identifiables ? Il suffirait, dans ce cas, de porter des lunettes pour échapper à l’identification ? Cela paraît absurde. Allant dans le sens de Pressibus, le tutoriel en ligne du logiciel affirme que les lunettes ne troublent pas son efficience et qu’il peut reconnaître également ceux qui en portent.
Mais sur une horodateuse de gamme moyenne, équipée d’une reconnaissance faciale, effectivement, les porteurs de lunette doivent enlever celles-ci pour faciliter l’identification par la machine ; mais, bien sûr, ces machines utilisent un logiciel beaucoup moins sophistiqué que Face++.
Un point peut-être essentiel est que nous comparons des choses différentes. Le logiciel de reconnaissance faciale est normalement utilisé envers des personnes réelles ou sur des images vidéo. En d’autres termes, avec un sujet qui bouge, donnant les proportions du visage d’une personne sous différents angles. On doit aussi se figurer que le gouvernement chinois détient une base de données de modèles 3D d’une grande majorité de ses citoyens, qui peut être collationnée avec ce que voient les caméras.
A partir d’une photo, au contraire, on ne dispose que d’une seule image, immobile ; il est impossible au logiciel de construire un modèle 3D du visage.
Quand on y pense, c’est une différence majeure. Le processus de prise de données d’un nouveau visage par une machine biométrique exige qu’on bouge la tête lentement dans toutes les directions, de façon à créer une sorte de masque 3D, qui permettra d’identifier la personne quel que soit l’angle sous lequel elle est vue.
Quand ce logiciel est utilisé pour comparer deux images entre elles, sans image de référence certifiée ni masque 3D de référence, l’exercice est assez différent, et, au fond, ce n’est pas ce pour quoi le logiciel a été créé. La performance d’un logiciel comparant des photos devrait donc logiquement différer de celle obtenue à partir de sujets animés et en disposant d’une base numérique de référence.
Ce sont des éléments à garder en tête pour décider quel crédit on veut accorder aux résultats de comparaisons photographiques par ces procédés numériques.
Rationellement, réaliser préalablement de nombreux tests avec des images de personnes parfaitement identifiées devrait permettre de jauger la validité des résultats. Avoir fait des tonnes de comparaisons, avec des paramètres différents (NB/couleur, de profil/de face, jeune/vieux, lunettes/pas de lunettes etc) permettra d’évaluer la valeur des pourcentages obtenus.


